Comment sécuriser l’appel en expropriation lorsque le commissaire du gouvernement doit recevoir les conclusions ?
La procédure d’appel en matière d’expropriation demeure encadrée par des exigences formelles spécifiques. Dans un arrêt du 3 septembre 2026, la Cour de cassation juge que la transmission électronique des conclusions ne suffit pas lorsque celles-ci doivent également parvenir au commissaire du gouvernement.
Pourquoi un exemplaire papier doit-il encore être remis au commissaire du gouvernement ?
L’article R. 311-26 du Code de l’expropriation pour cause d’utilité publique prévoit que l’appelant doit, sous peine de caducité de l’appel, déposer ou adresser au greffe ses conclusions ainsi que les pièces qu’il souhaite produire dans les trois mois de la déclaration d’appel.
Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté du 20 mai 2020, les parties représentées par un avocat peuvent recourir à la communication électronique dans leurs échanges avec la juridiction et entre avocats. La Cour de cassation admet ainsi que les conclusions visées par l’article R. 311-26 soient transmises par voie dématérialisée.
Le commissaire du gouvernement ne dispose toutefois d’aucun accès au réseau privé virtuel des avocats (RPVA). Un exemplaire papier des conclusions destiné à celui-ci doit donc également être déposé ou envoyé au greffe avant l’expiration du délai de trois mois.
Quand le dépôt tardif de l’exemplaire papier rend-il l’appel caduc ?
Dans l’affaire examinée, l’expropriée avait communiqué ses conclusions par voie électronique dans le délai imparti. En revanche, l’exemplaire sur support papier destiné au commissaire du gouvernement n’avait été remis qu’après l’échéance du délai de trois mois.
La Cour de cassation approuve dès lors la caducité de l’appel. Elle rejette également le grief fondé sur un formalisme excessif qui aurait porté atteinte au droit d’accès au juge. Elle retient qu’un professionnel du droit ne peut méconnaître l’impossibilité, pour le commissaire du gouvernement, d’accéder au RPVA.
Cette décision confirme qu’en matière d’expropriation, la dématérialisation de la procédure n’a pas fait disparaître l’ensemble des obligations imposant la remise de documents sur support papier.
Historique
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